Inauguration en Sorbonne d’une exposition
sur la violence contre les femmes réfugiées

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PARIS, France, 15 mars (HCR) – Installée au cœur du Quartier Latin à Paris, la Faculté de droit du Panthéon, avec son élégante façade néo-classique dessinée par l’éminent architecte Jacques-Germain Soufflot, est l’un des plus illustres campus de France.

Ce bâtiment, qui date de 1774, accueille du 14 mars au 14 avril 2012 une exposition de sculptures et d’installations d’art contemporain de la plasticienne Yvelyne Wood. L’exposition «La Chair de la guerre, une histoire de femmes» se tient sous l’égide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’une des plus prestigieuses universités françaises.

« Il est bon que l’art s’empare de ces sujets pour nous rappeler qu’une fois le journal télévisé passé, ces horreurs continuent », commente Jean-Claude Colliard, Président de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, au vernissage de l’exposition, tout en remerciant l’artiste qui, à travers son œuvre, attire l’attention de la communauté universitaire sur ce sujet.« Mon engagement n’est pas récent », explique l’artiste, « depuis le début, mon travail est enraciné dans la guerre… C’est une sorte de témoignage sur le sort des femmes ; des femmes qui sont victimes de la guerre. »

Dans ses œuvres, Yvelyne Wood utilise des matériaux chargés d’histoire et de symbolisme : métal, pierre, rails de chemin de fer, archives de guerre. L’exposition met en lumière le vécu des femmes pendant la guerre, illustré par des témoignages individuels des femmes réfugiés recueillis par le HCR pendant des conflits dans plusieurs pays à travers le monde.

Dans ces conflits, les violences sexuelles sont généralisées. Les femmes et les filles devenant souvent les cibles de groupes armés qui emploient le viol et d’autres moyens violents pour terroriser la population. La « chair de la guerre », c’est donc celle des femmes, exposées à la violence et à la persécution. Cela passe tout d’abord par la destruction du foyer, de la maison et de la famille, puis par l’exil forcé et, souvent, le viol utilisé comme une véritable arme de guerre.

« Les femmes victimes de ces violences n’ont malheureusement pas toujours une stèle à leur effigie – comme celles des soldats ou des résistants morts au combat – pour rappeler ce qui leur est arrivé… Elles ont besoin d’être reconnues en tant que victimes pour pouvoir se reconstruire, pour pouvoir être aidées, pour bénéficier du statut de réfugié », explique Philippe Leclerc, Représentant du HCR en France.

Le HCR entreprend des actions ciblées pour aider les victimes de violences sexuelles à travers le monde. Celles-ci prennent la forme d’une aide psychosociale, médicale, juridique, judiciaire ou sécuritaire.


William Spindler